"narco-centrisme"
le thème
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L'opium nazi
(l'armoire à pharmacie de la Wehrmacht)
· Le
profil géographique de la Macédoine du
Nord actuelle prend relativement modèle
sur la province du Vardar dans la
Yougoslavie des années 1930.
| 1929 - 1941 | 1941 - 1944 | 1945 - 1989 | 1991 - actuel |
| Royaume de Yougoslavie | attribution de territoire à la Bulgarie | République Socialiste de Yougoslavie | République de Macédoine du Nord |
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Les développements
historiques de la Yougoslavie comportent
des paramètres complexes tels que les
origines (Serbes, Croates, Slovènes,
Bosniaques, Juifs, Roms...), les religions
(orthodoxe, catholique, coranique,
judaïque...), les tendances idéologiques
(nationalisme, royalisme, communisme,
fascisme, nazisme...). A travers tout, une
valeur sans pareil prime dans la vallée du
Vardar : le pavot !
L'introduction des
premières graines de pavot en Macédoine
(dans la région de Štip) date de l'Empire
ottoman (en 1835). Les graines provenaient
de la région d'Afyon.
Au temps du royaume de Yougoslavie une industrialisation tente de développer la culture du pavot mais les paysans (75 % de la population macédonienne) cultivaient de petites parcelles par des méthodes archaïques. Avant la Seconde Guerre mondiale, la Macédoine du Vardar se classe comme région la moins développée d'Europe.
En 1941 Hitler donne
son aval à la Bulgarie pour l'annexion
d'une portion de la Macédoine. Et
justement la vallée du pavot s'y trouve !
Dans le cadre inhérent aux accords des
Forces de l'Axe, la Macédoine du Vardar
devient alors la principale source
d'approvisionnement en pavot à opium de
l'Allemagne nazie pour remplir les
armoires à pharmacie de la Werhmacht.
L'Axe remporte ainsi son indépendance
pharmaceutique face au blocus de l'opium
par les Alliés.
comme province ou république un profil géographique plus que centenaire
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Délimitation de la zone du Vardar assimilée à l'Axe politique et militaire |
Cette ligne de frontière, imposée par les Forces de l'Axe, marque la limite du territoire de la Macédoine officiellement attribué au Royaume de Bulgarie entre 1941 et 1944. La présence du svastika nazi marque l'attribution de la ressource de l'opium pour le IIIme Reich.
Le corps médical de la Wehrmacht a géré ses stocks de morphine de manière hautement bureaucratique, rigide et rationnée, se situant à mi-chemin entre la surproduction industrielle des Alliés et le dénuement logistique des Soviétiques.
La consommation militaire de la Wehrmacht s'effectue jusqu'en 1942. Ensuite rationnement. Depuis Skopje (en passant outre l'usine macédonienne et locale "Alkaloid") les caisses d'opium brut suivaient le cheminement des transports jusqu’au sein des grands laboratoires allemands (Merck, Bayer, Knoll). Dans ces usines, l'extraction des alcaloïdes procédait à la morphine base. Grâce à la pureté initiale du pavot macédonien (14 à 16 % de morphine), on peut dire que la qualité du produit correspondait à l'idéal des seigneurs pour tout ce qui concerne les Nazis.
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Cette morphine conditionnée pour le front
de guerre résultait en :
- Des ampoules injectables de morphine liquide, fournies aux médecins de la Wehrmacht et de la Luftwaffe pour traiter les traumatismes graves.
- Des comprimés de codéine, un dérivé de la morphine utilisé comme anti-tussif et analgésique pour les troupes engagées sur le Front de l'Est.
Qualité,
oui ! Mais pas quantité....
Pour donner une idée
concrète, en 1939, une projection
mathématique rassemblant les parcelles de
culture évaluait toute la province à 4 000
ou maximum 6 000 hectares . Par exemple
cette taille correspondrait à la
superficie d'un des plus petits États du
monde (San Marino = 61 km²) alors
que les superficies pourvoyant les Alliés
s'additionnent par dizaines et des
dizaines de milliers d’hectares... ne
fût-ce que la zone d'Afyon (Turquie)
additionne 40 000 ou 50 000 hectares. La
production annuelle de la Turquie à cette
époque oscillait entre 300 et 400 tonnes
d’opium brut par an. La Macédoine visait
l'ultra-qualité... avec une production
annuelle maximale de 40 à 60 tonnes dont
une part détournée ne laissait que le
volume d'une douzaine de tonnes d'opium
brut par an pour l'approvisionnement des
laboratoires de l'Axe. La ressource
critique, mais néanmoins juste suffisante,
couvrait une part importante des besoins
d'urgence des hôpitaux de campagne de la
Wehrmacht sur le front de l'Est pour les
années 1941-1943.
Ainsi en Macédoine le IIIme Reich parvenait à s'approprier de quoi remplir ses armoires à pharmacie...
La dissimulation d'opium déclenchait une répression policière féroce. Les forces d'occupation bulgares et la Gestapo allemande, pleinement conscientes de cette résistance passive économique, traitaient avec la même violence le sabotage militaire, le maquis ou le détournement de l'opium.
Ainsi en Macédoine le IIIme Reich parvenait à s'approprier de quoi remplir ses armoires à pharmacie...
- Mainmise de l'Axe : part estimée à 10 ou 12 tonnes par an (l'appareil d'État bulgare ne contrôlant que les plaines et les vallées majeures).
- Résistance passive : "maquis économique" au quota de 25 à 35 tonnes par an dissimulé, stocké ou vendu au marché noir.
La dissimulation d'opium déclenchait une répression policière féroce. Les forces d'occupation bulgares et la Gestapo allemande, pleinement conscientes de cette résistance passive économique, traitaient avec la même violence le sabotage militaire, le maquis ou le détournement de l'opium.
Dans la terminologie
militaire de l'Axe, cacher l'opium n'était
pas un simple délit douanier, mais un acte
de "sabotage de l'effort de guerre" ou de
"soutien économique au banditisme" (terme
officiel pour désigner les partisans
communistes de Josip Broz Tito).
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Arrestations et
internements :
cacher de l'opium ou participer à son trafic clandestin vers la Grèce, à destination du Monde allié, entraînait des sanctions immédiates et graduellement majorées :
· Internement dans les camps de travail forcé : les paysans arrêtés pour dissimulation de denrées stratégiques échoyaient en camp de travail bulgare ou entraient en déportation vers l'Europe centrale comme travailleurs forcés .
· "Monopol" de Skopje, le centre de transit : triste ironie de l'histoire, les grands entrepôts du monopole d'État des tabacs et de l'opium à Skopje (le Monopol) mutèrent en camp de concentration transitoire. En mars 1943, ce centre appliquait une logistique raciale administrative . Au Monopol, l'appareil d'état triait et redirigeait à travers le Reich les otages politiques ainsi que les "saboteurs économiques" de la région .
cacher de l'opium ou participer à son trafic clandestin vers la Grèce, à destination du Monde allié, entraînait des sanctions immédiates et graduellement majorées :
· Internement dans les camps de travail forcé : les paysans arrêtés pour dissimulation de denrées stratégiques échoyaient en camp de travail bulgare ou entraient en déportation vers l'Europe centrale comme travailleurs forcés .
· "Monopol" de Skopje, le centre de transit : triste ironie de l'histoire, les grands entrepôts du monopole d'État des tabacs et de l'opium à Skopje (le Monopol) mutèrent en camp de concentration transitoire. En mars 1943, ce centre appliquait une logistique raciale administrative . Au Monopol, l'appareil d'état triait et redirigeait à travers le Reich les otages politiques ainsi que les "saboteurs économiques" de la région .
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Pour la Résistance,
l'opium établissait une double fonction.
En plus de valoir comme monnaie d'échange
pour les armes, une part pourvoyait au
service de santé des partisans. En
l'absence de médicaments et
d'anesthésiants occidentaux (déjà requis
avant les premiers parachutages
britanniques de la fin 1943), les médecins
du maquis fabriquaient artisanalement du
laudanum ou des teintures d'opium
directement à partir de la pâte brute pour
pouvoir opérer les blessés de guerre et
calmer la douleur en des retraites
clandestines aménagées dans les montagnes.
Les partisans macédoniens (membres de l'Armée populaire de libération de Macédoine, rattachée aux forces de Tito) utilisaient l'opium brut comme une véritable monnaie de haute valeur, tangible et universellement recherchée
- logistique : l'opium macédonien transporté à dos de mulet par les sentiers de montagne aboutissait en Macédoine-Centrale grecque ou Thessalonique.
- échange : en Grèce, cet opium hautement concentré s'échangeait auprès de réseaux de contrebande helléniques contre du matériel militaire (fusils, munitions, explosifs) provenant des stocks britanniques parachutés ou d'armes confisquées aux troupes italiennes après leur capitulation en septembre 1943.
Après la guerre, la
République socialiste de Macédoine
produisit du pavot somnifère pour
l'industrie pharmaceutique par l'entremise
de la société "Alkaloid Skopje".
L'usine Alkaloid existe encore
aujourd'hui bien que son activité ne soit
plus centrée sur l'opium... La dernière
initiative en cours porte sur le cannabis
et le CBD .